8. L'actionnisme viennois et l'art corporel
L'actionnisme n'est pas un mouvement isolé. Il s'inscrit dans l'univers créé par les happenings de John Cage et d'Allan Kaprow aux États-Unis au cours des années 1950, par les performances de Chris Burden au début des années 1970. En Europe, Michel Journiac réalise ses premières performances à Paris en 1968, Gina Pane en 1969, et Jürgen Klauke à Cologne en 1972. Des similitudes s'imposent entre ces différentes formes d'art corporel (Gina Pane a recours, comme Brus, à l'automutilation, et Journiac au rituel comme Nitsch).
À la fin du xxe siècle, le souvenir de l'actionnisme est encore manifeste. En Angleterre, l'Italien Franko B. joue avec le sang comme Brus (Aktion 398, 1999), en France, Olivier Dollinger met en scène la souffrance qu'il éprouve dans des épreuves d'endurance (Lipstick Wall Drawings, 1999), et Orlan fait transformer son propre corps au cours d'opérations de chirurgie esthétique (première opération en 1990). Aux États-Unis, Paul McCarthy manipule, à l'instar de Muehl, des aliments (Painter, 1995) et Bob Flanagan évoque sa maladie et les traitements qu'il doit suivre dans ses performances (Sick, 1991). Tous ces artistes construisent, comme les actionnistes viennois, une réflexion sur ce que refoule la société : la douleur de la chair, l'amour, l'égoïsme, le désir, la peur, la mort.
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