7. Le rôle de la photographie et du film dans l'actionnisme
Après son unique action en public, Mariage en 1965, Rudolf Schwarzkogler a réalisé des actions réservées à la documentation photographique. Contrairement aux autres actionnistes, Schwarzkogler visait à la clarté, à l'ordre et au calme, cherchant à réaliser une forme d'actionnisme esthétique, presque clinique, dans laquelle l'artiste doit toujours conserver le contrôle de soi.
L'appareil photographique favorise cette nouvelle forme d'art. Contraignant (cadrage, éclairage, composition), il pousse l'artiste à se concentrer totalement sur son action, au cours de laquelle il manipule objets, matériaux, corps humains et animaux. Véritable outil de contrôle, l'appareil photographique permet à l'artiste de vérifier la structure de son travail et d'en retoucher les défauts. Enfin la photographie constitue une source documentaire que l'art éphémère de certaines actions n'apporte pas. Mouvement d'avant-garde ou d'underground, l'actionnisme a souvent été contraint à une certaine clandestinité et certaines actions se sont déroulées loin de tout public mais face à la caméra.
L'introduction du film et de la photographie au sein des musées et sur le marché de l'art a été d'une importance déterminante pour l'actionnisme. Au musée (musée Ludwig, Vienne, ou collection Essl, Klosterneuburg près de Vienne) ou dans le cadre d'une exposition ; Hermann Nitsch en 1999 au musée Ludwig, les reliques de l'actionnisme : photos, vidéos, vêtements des participants, accessoires, acquièrent le statut d'œuvre et sont exposées comme des œuvres d'art. Mais cette appropriation muséographique, l'esthétisation de ces documents posent un problème, celui de la perversion d'un art « d'action », d'un art vivant en art figé, en simple marchandise.
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