5. L'actionnisme viennois comme thérapeutique
Pour Muehl une action ne se déroule jamais avec un seul acteur mais souvent avec cinq participants ou même davantage. Le caractère thérapeutique de sa démarche réside à ses yeux dans une expression verbale et corporelle sans limites et dans l'autoreprésentation des participants. À la fin des années 1960, il rompt avec tous les tabous, notamment les tabous sexuels, et veut faire éclater au grand jour les fantasmes et les perversions qui peuvent habiter l'humanité. Dans l'action Salaud (1969) il se fait enduire des matières fécales que les participants ont déposées sur son corps.
1971 marque la fin de l'actionnisme, Brus s'est exilé à Berlin, et Muehl crée un nouveau modèle de communauté, inspiré de son art, une sorte d'« anti-société », intitulée « organisation auto-analytique ». Dans cette communauté, dont les membres pouvaient avoir une liberté sexuelle absolue, la thérapie de l'autoanalyse passait par l'autoreprésentation : la mise en scène de chaque membre de la communauté. Cette vie communautaire, de plus en plus repliée sur elle-même et sectaire, conduisit Muehl, accusé de détournement de mineures, en prison de 1991 à décembre 1997. Peu après sa sortie, le musée des Arts appliqués de Vienne lui a consacré une importante exposition de ses peintures réalisées en prison, réminiscences atténuées de ses actions.
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