4. La transition entre « peinture d'action » et action
Dans son action Promenade à Vienne (5 juillet 1965), Brus, vêtu d'habits peints en blanc et ayant tracé une ligne noire de la tête aux pieds, qui semble ouvrir son épiderme, a traversé à pied le centre de la ville (mais la police, qui l'arrête, interrompt l'action). L'artiste voulait ainsi exprimer l'enfermement qu'il éprouve à n'exposer que dans des galeries. La « peinture d'action » lui semblant insuffisante, il donne une place de plus en plus déterminante à l'action. Dans l'action Épreuve de résistance (19 juin 1970), Brus incise son crâne avec une lame de rasoir et la ligne de sang qui coule sur son dos fait écho à la ligne de peinture noire de la Promenade à Vienne. Cette action filmée par une caméra se déroule devant un public restreint. De cette tension entre l'art et le réel naît un langage de plus en plus sado-masochiste, qui utilise l'automutilation comme vocabulaire et le corps comme objet.
Ces autopeintures-actions peuvent être comprises à la fois comme une destruction du monde (le corps étant un fragment de ce monde), et comme une destruction par le monde (que l'individu-corps subit).
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