3. L'actionnariat collectif
Étant donné la multiplicité des facteurs qui peuvent influencer la Bourse, la gestion d'un portefeuille d'actions requiert une compétence et une disponibilité qu'un épargnant individuel possède rarement. Il peut certes s'entourer de conseils, ou donner mandat à un professionnel de gérer pour son compte. Il peut aussi s'associer à un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (O.P.C.V.M.), qui regroupe une épargne collectée auprès de ses membres et la gère globalement, comme un portefeuille unique dont chaque associé détient une part proportionnelle à sa contribution à l'ensemble. Il en existe de deux types : les Sicav et les F.C.P. Les premières sont des sociétés par actions, les secondes une sorte d'indivision organisée. Elles sont l'équivalent de ce que sont aux États-Unis les Mutual Funds et les Investment Trusts. Bien que les différences entre les deux formes soient purement juridiques, on ne traitera ici que des Sicav, qui sont les seules à posséder un actionnariat.
L'actionnariat collectif avait connu aux États-Unis un vif succès dans les années 1920. Durement atteintes par la crise boursière de 1929 – aggravée par des imprudences de gestion –, les Mutual Funds n'ont retrouvé qu'à partir de 1950 un dynamisme qui ne s'est plus démenti depuis. Le souvenir des désastres de 1929 a longtemps été invoqué pour différer l'introduction en France d'instruments de cette nature : une loi de 1957, autorisant la création de Sicav, n'a reçu qu'en 1963 son décret d'application.
Comme leur nom l'indique, les Sicav sont des sociétés dont le capital varie constamment, en fonction des souscriptions nouvelles qu'elles reçoivent ou des remboursements d'actions qu'elles doivent satisfaire. On dit qu'elles sont du type « ouvert » (open ended) pour les distinguer des sociétés d'investissement fermées (closed ended) à capital fixe. Elles sont tenues en effet d'émettre ou de rembourser en permanence leurs propres actions, sur simple demande des porteurs […]
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