6. Biologie moléculaire des Actinomycètes
À cause de leur importance économique, ce sont surtout les Streptomyces qui ont été étudiés au point de vue génétique et biologie moléculaire (Goodfellow et al., 1988). La taille de leur génome est 1,5 à deux fois plus grand que celui d'Escherichia coli, il varie de 5 × 103 à 7 × 103 kilobases. L'acide désoxyribonucléique des Actinomycètes est riche en guanine et cytosine (60 à 75 p. 100), et les Streptomyces occupent le haut de la gamme (73 à 75 p. 100).
Le génome des Streptomyces contient de 4 à 11 p. 100 de séquences répétitives et 2 p. 100 d'éléments de symétrie inverse. Le principal véhicule d'information génétique est un « chromosome » circulaire souvent présent en multiples copies dans les cellules hyphales, mais toujours en copie unique dans les spores. Des éléments extrachromosomiques, surtout circulaires, peuvent aussi être présents (plasmides). Il est possible que certains d'entre eux jouent un rôle dans le contrôle de la synthèse des antibiotiques.
Les Streptomycètes sont génétiquement très instables, avec des taux de mutations particulièrement élevés pour certaines caractéristiques, et cela survient d'ailleurs en absence de pressions sélectives apparentes. Ces mutations sont dues à des délétions chromosomiques accompagnées d'amplification d'ADN, mécanismes évoqués dans l'article génétique moléculaire.
Bien que les Streptomycètes contiennent de multiples éléments capables d'excision et d'intégrations chromosomiques (phages tempérés, éléments transposables et plasmides intégrables), il n'y a pas de preuves que ces éléments soient responsables de l'instabilité génétique de ces Bactéries (Birch et al., 1990).
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