La règle de ce jeu littéraire est simple : il suffit d'écrire des vers dont les initiales, lues verticalement et dans l'ordre, forment un mot en rapport avec le poème. La typographie particulière peut faciliter le décryptage du message qui concerne le plus souvent le nom de l'auteur, celui du dédicataire ou le sujet de l'œuvre. Cicéron attribue l'invention de l'acrostiche à Ennius. Apollinaire inscrit ainsi le nom de sa Louise :

L'auditeur des ballades de Villon aurait plus de mal à trouver la « signature » de l'auteur, apparaissant dans l'envoi. De même fallait-il sans doute avoir une mémoire phénoménale pour déchiffrer le sens des acrostiches des Sibylles. Le caractère secret et presque magique de ce procédé a été ressenti par Charles II, roi d'Angleterre, qui donna le nom de Cabale à son conseil dont les membres étaient Clifort, Ashley, Buckingham, Arlington, Lauderdale.
L'acrostiche, comme tout autre jeu verbal, participe à la surdétermination des messages […]
