3. L'Acropole classique
Avant la bataille de Platées, les Grecs, pour cimenter l'union sacrée, avaient, dit-on, fait le serment de ne pas relever les sanctuaires ravagés tant qu'ils n'auraient pas chassé les Perses de Grèce et d'Ionie ; or la lutte devait durer, sporadiquement ranimée, jusqu'en 449-448. De fait, les travaux de construction du Parthénon commencent dès l'année suivante. Tout serait donc simple si le Parthénon n'était pas établi sur le soubassement destiné à un autre édifice, dont il n'est question dans aucun texte et qu'on a appelé le Pré-Parthénon. Ce temple dorique, assez bien connu par les dimensions de ses fondations et certains éléments architecturaux, qui ont été remployés, est, avec l'hypothétique Hecatompedon qui l'aurait précédé, la deuxième énigme archéologique de l'Acropole : quand a-t-il été mis en œuvre, avant ou après le saccage de l'Acropole par les Perses ? En dépit des thèses ingénieuses suivant lesquelles le Pré-Parthénon a été entrepris, pour Rhys Carpenter dans les années soixante, à l'instigation de Cimon, pour J. A. Bundgaard en 455, les observations nouvelles faites à l'occasion des travaux de restauration en cours rendent de plus en plus probable l'opinion antérieurement admise : la construction du Pré-Parthénon, commencée peu après la victoire des Athéniens sur les Perses à Marathon, en 490, a été interrompue par le saccage de 480, la plupart des blocs de l'élévation déjà en place présentant en surface l'altération caractéristique du marbre incendié. Pendant plus de trente ans, l'Acropole a donc offert le spectacle d'un sanctuaire dévasté où ne subsistaient que les Propylées archaïques et une partie du Vieux Temple restaurés. Au moins Cimon fit-il ériger, après sa victoire navale de l'Eurymédon, remportée en 467 sur les Perses, une statue colossale en bronze d'Athéna Promachos, haute de 16,40 m, la première œuvre importante de Phidias sur l'Acropole. Au même moment, il faisait élargir le plateau par l'établissement d'un nouveau mur de […]
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