2. La production d'acier brut
Au niveau mondial, l'évolution de la production d'acier est quasi semblable à celle de la consommation d'acier dans la mesure où les échanges internationaux d'acier, importations et exportations, se compensent pratiquement, à l'exception de quelques écarts statistiques.
• Une industrie stratégique
La production d'acier brut a fortement bénéficié des guerres qui ont fait progresser les volumes de production, mais lors de la Seconde Guerre mondiale de nouveaux sites de production ont été développés dans des pays non belligérants, ce qui a permis de démarrer, dans ces pays, une sidérurgie qui s'est alors développée. Si dans les années d'après guerre la sidérurgie était principalement le fait des pays européens, des États-Unis, du Japon et de l'Union soviétique, de nombreux pays se sont, depuis lors, ajoutés à la liste, comme principalement la Chine, la Corée, l'Inde, le Brésil et le Taïwan. La sidérurgie a été jusqu'à récemment considérée comme une industrie stratégique. À ce titre, elle a bénéficié de politiques volontaristes d'expansion et de soutien qui ne se sont achevées, pour certains pays, qu'au début du xxie siècle.
Pour nombre d'économies en phase de développement, qu'elles soient libérales, aidées par l'État ou planifiées, le développement de la sidérurgie constituait une des bases de l'indépendance économique, ce qui explique le développement ou le maintien de sidérurgies économiquement non viables sans aides d'État (subventions), et parfois même obsolètes. Dans les anciens pays du bloc soviétique, les grands « combinats » sidérurgiques étant parfois les principaux voire les seuls pourvoyeurs d'emplois dans certaines régions, les gouvernements ont longtemps imposé de conserver ces entreprises dont les coûts se sont avérés astronomiques et sans rapport aucun avec toute considération de rentabilité économique. Toutefois, même dans les économies considérées comme étant les plus libérales, l'État a souvent été obligé de soutenir la sidérurgie lors de périodes de crises. Ce fut le cas pour la C.E.E. avec, dès 1977, la fixation de quotas de production (plan Davignon), où comme aux États-Unis avec l'intervention pour soutenir l'emploi, non pas au moyen d'aides fédérales, mais par le biais d'aides des États ou par des aides locales, et ce jusqu'à la fin du xxe siècle.
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