4. Accumulations sablo-vaseuses du bas de l'estran
La partie médiane et inférieure de l'estran est souvent caractérisée par sa faible pente. Les houles y sont peu actives, mais les eaux ne sont quand même pas assez calmes pour que des particules fines s'y déposent en abondance. On a là des sédiments sableux à faible teneur en pélites, autrement dit des sables faiblement vaseux, réagissant mal aux sollicitations des mouvements de la mer. Ces sédiments sont, très lentement, façonnés par les houles et les courants ; ce sont souvent des amas confus, parcourus à marée basse par des filets d'eau qui y façonnent des vallées très évasées. Leur surface est souvent marquée de rides de plage dues à la houle le plus souvent, parfois aux courants. À l'arrière des îlots, là où deux flots se rejoignent à marée montante, on a souvent sur cet estran aux formes molles une sorte de dosseret, de monticule allongé, pour lequel le terme français de gois semble être la meilleure traduction du mot néerlandais wantij qui est employé par certains auteurs.
En bien des points de cet estran inférieur et sans relief, c'est à peine si l'on peut parler d'accumulation marine : le plus souvent, il s'agit plutôt de remaniement par la mer de sédiments antérieurs à la transgression, remaniement très lent et encore bien incomplet, donnant simplement l'apparence de sédiments marins à des formations continentales un peu lessivées, un peu roulées, un peu triées.
Dans les parties les plus ouvertes sur le large, l'action des houles sur le fond est cependant assez sensible pour balayer vers le littoral bien des éléments meubles, qui n'atteindront pas pour autant les plages proprement dites. Dans ce cas, c'est à juste titre que l'on parlera d'accumulation marine, même si les formes de relief ainsi engendrées sont peu caractéristiques.
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