3. Accumulations vaseuses littorales
Bien différentes des plages et des cordons sont les accumulations vaseuses : elles se caractérisent par la présence, dans le sédiment, d'une fraction fine suffisamment abondante pour assurer la cohésion de l'ensemble, de sorte que les particules ne peuvent répondre individuellement aux sollicitations des houles ou des courants, aussi longtemps que le sédiment n'a pas été dissocié. Ces particules fines sont apportées en suspension par les courants (courants de marée, ou dérive de l'eau le long de la côte), et se déposent là où l'eau est calme, en se mêlant tant aux grains de sable apportés par le vent qu'aux éléments préexistants, qui peuvent être des sédiments marins ou des sédiments continentaux. La vase ainsi formée comporte une proportion de particules inférieures à 50 micromètres, ou pélites, comprise entre 2 ou 3 p. 100, quantité indispensable pour assurer la cohésion de l'ensemble à 100 p. 100.
La vase est relativement stable une fois déposée, sauf à être parfois localement entaillée en microfalaises, et cette stabilité permet sa colonisation par la végétation. La présence ou l'absence de la végétation halophile installée sur les vases permet de distinguer dans les accumulations vaseuses deux variétés : la vasière nue, ou slikke, et le présalé, ou schorre. Ce dernier occupe les régions les moins fréquemment submergées. Dans les pays intertropicaux, les vasières les moins fréquemment submergées portent une végétation halophile arbustive et non herbacée, et cette formation végétale à palétuviers prend le nom de mangrove.
Une vasière où s'est installée la végétation peut être, sous certaines conditions, fermée de digues et transformée en terres agricoles. On lui donne alors le nom de marais.
Une étude plus détaillée des vasières littorales naturelles sera donnée dans l'article marais et vasières.
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