2. Accumulations littorales de sable et de galets
Dans les mers sans marée, ce sont des accumulations qui ourlent le littoral, et qui sont faites de matériaux parfaitement meubles. Dans les mers à marée, on peut grouper sous cette rubrique toutes les accumulations qui font saillie au-dessus de la surface de base de l'estran, soit le long du trait de côte des hautes mers, soit le long de l'un des traits de côte instantanés.
• Caractères généraux
L'aisance des mouvements de matériaux est conditionnée par l'absence quasi totale de particules « fines », c'est-à-dire de largeur inférieure à 30 ou 40 micromètres. Les éléments plus grossiers ne sont donc liés que par des phénomènes d'absorption très limités, et répondent presque librement aux sollicitations des houles, de sorte que leurs mouvements transversaux et longitudinaux tendent, à chaque moment, à mettre la plage en équilibre avec la houle locale instantanée. L'absence de particules fines est elle-même due à une agitation usuelle de la mer telle que ces particules ne peuvent se maintenir et sont entraînées en suspension vers d'autres secteurs.
Sauf dans les cas particuliers évoqués ci-dessus, les houles sont l'élément essentiel du façonnement des accumulations littorales meubles : leur profil est dicté par la vigueur de la houle aux divers niveaux de marée, et leur plan par la dérive littorale résultant de l'obliquité de certaines houles. Le versant des accumulations qui fait face aux houles (ou à certaines d'entre elles au moins) est appelé plage, et l'étude de son profil sera effectuée à l'article plages. Par contre, le plan général des accumulations littorales meubles permettra d'en établir ici une classification.
Les matériaux qui constituent ces accumulations seront étudiés dans l'article sédimentologie. Il suffira de dire ici que la taille des matériaux dont chaque plage est constituée dépend de la vigueur habituelle des houles qui la battent, et non pas de la taille des éléments disponibles dans le pays : en effet, un littoral exposé à de fortes houles et auquel ne sont fournis que des matériaux fins ne comporte pas d'accumulations ; par contre, sur un littoral bien fourni en matériaux grossiers, mais battu seulement par des houles médiocres, la mer est incapable de déplacer ces matériaux, et ne façonne donc pas d'accumulations marines : tout au plus lessive-t-elle les accumulations continentales préexistantes.
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