Dans le commerce international, le système d'échanges fondé sur des compensations s'est développé sous la pression conjuguée de la crise économique mondiale, du surendettement de nombreux pays et de la baisse des cours des matières premières. Il s'agit d'une pratique par laquelle on cherche à obtenir, pour un montant donné d'importations, des ventes de produits nationaux de valeur comparable. Elle est en principe combattue par l’O.M..C., qui y voit le plus souvent un risque de distorsion de la concurrence.
À l'origine apanage des seuls pays de l'Est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et vite étendu aux échanges Est-Sud, le phénomène des compensations est désormais devenu une règle dans les échanges de nombreux pays confrontés à une crise de liquidités. Le rachat de produits par les pays occidentaux est conçu pour créer les moyens de paiement destinés à ceux-ci en contrepartie des produits qu'ils offrent.
La compensation est ainsi une pratique courante pour des pays émergents, mais même des pays aussi développés que le Canada ou l'Australie ont recours à la compensation comme l'un des instruments de leur politique industrielle.
Il est difficile de quantifier la part que représentent les échanges compensés dans le monde. Aucune donnée chiffrée ne peut mesurer la portée réelle du phénomène, et son importance varie selon qu'il s'agit des échanges Nord-Nord, Nord-Sud ou, enfin, Sud-Sud. De tels échanges sont devenus une pratique reconnue et acceptée comme une réalité de la vie des entreprises et comme une donnée structurelle du commerce international.
Il est vraisemblable que le phénomène des compensations soit appelé à durer, du moins aussi longtemps que ne seront pas aplanies les difficultés financières des pays du Sud. Il devient alors un élément de stratégie commerciale, voire une forme d'ingénierie financière. Les exportateurs audacieux, qu'ils soient français ou étrangers, n'hésitent d'ailleurs pas à utiliser les compensations pour obtenir de nouveaux marchés et même à anticiper le […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



