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ACCOMPAGNEMENT MUSICAL

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2.  Harmonie et basse chiffrée

Du jour où l'harmonie se détache du contrepoint pour assumer son propre rôle dans le discours musical, l'accompagnement, au sens moderne du terme, commence d'exister. Et il est curieux de constater que l'on passe d'un extrême à l'autre. Autant le contrepoint accordait d'importance au déroulement de toutes les parties du discours, autant l'époque dite « harmonique » va, pour ainsi dire, négliger tout ce qui ne sera pas la mélodie. En effet, par une sorte de paradoxe, l'âge d'or de l'harmonie traitera cette dernière comme une parente pauvre.

On sait que tout accord, se composant par exemple de trois notes, possède la même dénomination, quelle que soit la disposition des notes par rapport à la basse. Qu'on écrive en effet, en partant du bas, do-mi-sol ou do-sol-mi, il s'agit toujours du même accord parfait. Si l'on ajoute que, épris de classification, les harmonistes se sont ingéniés à « chiffrer » tous les accords, c'est-à-dire à les désigner commodément par des chiffres, on verra que, alors que le contrapontiste mettait une importance majeure dans la disposition des parties au-dessus de la basse, l'harmoniste aura la faiblesse de ne considérer que la « nature » de l'accord. Peu importe dès lors que le mi soit au-dessus ou au-dessous du sol : l'essentiel, c'est que l'accord soit respecté.

Cette façon de considérer l'écriture harmonique, dans sa théorie plus que dans son application pratique, va faire naître une étrange coutume, qui tiendra bon pendant trois siècles. Ce sera l'habitude que prendront les compositeurs de ne noter, sous la mélodie, que la basse, et de n'indiquer les parties intermédiaires que par le chiffrage de l'accord choisi. C'est assurément la pratique de la musique instrumentale qui rendit plausible cette manière d'agir, exactement de la même manière que, de nos jours, les guitaristes ou les accordéonistes de variétés sont accoutumés à jouer des accords simplement chiffrés.

Mais ce qui est acceptable dans le domaine de la simple chanson devient troublant lorsqu'il s […]

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