5. Le grand âge des académies
Les deux premières académies de peinture (Florence et Rome) furent fondées au xvie siècle ; quelques autres au xviie siècle, y compris l'académie française. Le xviiie siècle est l'âge où les académies furent vraiment florissantes. La plupart des princes, grands ou petits, d'Europe fondèrent des académies dans leurs États. L'absolutisme monarchique était en harmonie avec la théorie rationnelle des académies. Le programme d'enseignement demeure nominalement identique durant trois siècles, aussi bien dans les cours de théorie que dans les classes de dessin. Le système d'apprentissage fournissait encore la plus grande partie de la formation pratique.
Dans ces institutions officielles, la direction était plutôt relâchée. En beaucoup d'académies, les cours théoriques étaient irréguliers ou complètement omis, et les professeurs de dessin venaient rarement dans leurs classes. Le programme d'enseignement, qui avait été élaboré afin de favoriser l'exécution de tableaux historiques, s'était tellement systématisé en routines et règles qu'il avait perdu sa raison d'être. On enseignait aux élèves dans des leçons indépendantes comment dessiner des mains et des pieds ou des bouches et des yeux, etc. Ils perdaient de vue l'unité interne d'expression qu'une forme devait avoir. Leurs peintures, en particulier leurs tableaux historiques – avec des sujets choisis pour faire la preuve d'habiletés techniques plutôt que pour faire naître des émotions – ressemblaient à des assemblages d'études séparées, ce qu'elles étaient d'ailleurs.
Néanmoins, on produisit de bons artistes d'une grande compétence technique et les courants variés de la pensée du xviiie siècle – du néo-classicisme de Rome et de Madrid au rococo de Venise et de Paris – se maintinrent parallèlement et même à l'intérieur de ce système académique.
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