2. L'Académie moyenne
Chef de la moyenne Académie, Arcésilas devint scolarque en 268 avant J.-C., lorsque, après la mort de Cratès, Socratidès, plus ancien et normalement élu, s'effaça devant lui. Cet esprit brillant avait été d'abord au Lycée l'élève de Théophraste, puis à l'Académie le disciple de Polémon et de Cratès qu'il tenait pour des dieux ou des survivants de l'âge d'or. Il mourut à soixante-quinze ans, vers 240 avant J.-C.
Lecteur et admirateur de Platon, Arcésilas renoue avec la tradition socratique des premiers dialogues. Ce philosophe, qui n'a laissé aucun écrit, s'efforçait, en combattant l'opinion qui lui était proposée, de lui opposer des arguments d'égale valeur. Le mieux était que l'on suspendît de part et d'autre son jugement. De même que Socrate avait confessé son ignorance, il déclare qu'on ne peut rien connaître, rien percevoir, rien savoir, que les sens sont étroits et les esprits faibles. Savoir qu'on ne sait rien n'est même plus pour lui un savoir, à la différence de Socrate. Livrait-il à ses disciples les plus doués, comme le laisse supposer Sextus Empiricus, un enseignement platonicien devenu ésotérique ? C'est une question aujourd'hui controversée. Toujours est-il que sa pensée passe pour être le modèle d'un nihilisme radical en matière de connaissance.
C'est au temps d'Arcésilas que se noue la querelle qui devait opposer les Académiciens aux Stoïciens. Arcésilas s'opposa à la thèse selon laquelle la représentation compréhensive permettrait de passer d'une simple représentation imaginative de l'objet extérieur à une compréhension ou saisie de la nature de cet objet. L'étroitesse des sens et la faiblesse du jugement ne permettent pas de passer de l'appréhension du sensible à la perception claire de sa nature. Le raisonnable appartient à un système cohérent de représentations qui ne peut servir de critère qu'à la conduite, mais dont on ne sait s'il s'accorde avec les sensibles destinés à demeurer inconnaissables.
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