3. Cimetières et cénotaphes
Les cimetières s'étirent sur une vaste zone au sud du temple et de la ville. Il semble qu'ils aient été utilisés depuis les premières dynasties jusqu'à la Basse Époque. Tout proche de Kom es-Sultan, dans la partie nord des nécropoles, on distingue encore la silhouette de Shunet el-Zebib, imposante enceinte de briques crues abritant un tombeau royal d'époque thinite, peut-être le prototype du futur complexe de Djoser à Saqqara. Parmi les dignitaires de l'Ancien Empire enterrés à Abydos, citons Ouni ; le personnage vécut sous Téti, Pépi Ier et Mérenrê. Les intéressantes inscriptions biographiques qu'il laissa, découvertes par Mariette, sont aujourd'hui conservées au musée du Caire. En s'éloignant en direction de la falaise libyque, à plus d'un kilomètre et demi des terres cultivées, on atteint la zone d'Oumm el-Ga'āb, « la mère aux pots cassés », ainsi appelée en arabe en raison des innombrables tessons qui jonchent le sol. C'est là que furent mis au jour les tombeaux ou cénotaphes des rois thinites de la Ire et de la IIe dynastie. Étant donné que d'autres bâtiments de type voisin ont également été découverts dans la nécropole archaïque de Saqqara avec les mêmes noms de rois, il s'est ensuivi une controverse scientifique, qui n'est pas encore définitivement close, sur la fonction respective de ces bâtiments : tombes ou cénotaphes ? Quoi qu'il en soit, l'édifice attribué au roi Djer de la Ire dynastie, situé au cœur de la zone nommée Heka Rechou en égyptien, fut considéré comme la tombe d'Osiris où l'on venait en pèlerinage et où l'on déposait de la poterie préalablement brisée dont la datation semble s'échelonner entre la XVIIIe et la XXVIe dynastie. L'autre pratique spécifique de ce lieu fut le dépôt de statuettes funéraires, ou chaouabtis, à même le sable, « hors tombe », pratique liée au caractère antique et vénérable du secteur.
L'existence du pèlerinage du mort, réel aux époques les plus anciennes, puis fictif, et le renom d'Osiris conduisirent les Égyptiens à dre […]
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