2. Le temple
La ville ancienne bâtie autour du temple de Khentamentyou, comme il est désigné jusqu'à la XIIe dynastie avant que ce dieu local n'ait été supplanté définitivement par Osiris, était située à l'emplacement de l'actuel village de Beni Mansūr. En raison des terribles déprédations que lui ont fait subir les chercheurs de sebakh (terre fertilisante, provenant des sites antiques et encore utilisée comme engrais), il ne reste guère du tell antique que la zone dénommée Kom es-Sultan, composée de murs massifs en brique. La partie centrale était occupée par un temple, bâti à l'origine en brique (murs) et en pierre (portes), pratiquement détruit aujourd'hui. La fouille a montré qu'il remontait à l'Ancien Empire, tandis que de petites installations prédynastiques avaient précédé la ville proprement dite. Les trouvailles les plus anciennes s'étagent de la Ire à la VIe dynastie, parmi lesquelles il faut citer l'étonnante et unique statuette en ivoire du roi Chéops dont la datation a été controversée ; pour certains, il s'agirait d'une œuvre saïte archaïsante, réalisée, en quelque sorte, à la mémoire du roi. D'après les témoignages épars qui subsistent, la reconstruction complète du temple fut entreprise à la XIe dynastie et poursuivie sous la XIIe, particulièrement sous le règne de Sésostris Ier. Le temple devait être rebâti une nouvelle fois au Nouvel Empire ; on y a ainsi retrouvé les traces d'Aménophis Ier, de Thoutmosis III et d'Aménophis III. De même, la plupart des Ramessides dont, bien sûr, Ramsès II ont contribué aux transformations et à l'agrandissement du temple. Plus tard encore, Apriès et Amasis à la XXVIe dynastie, Nectanébo Ier à la XXXe apportèrent des remaniements à l'édifice. L'épais mur de briques crues qui entoure Kom es-Sultan semble dater de la XXXe dynastie, période au cours de laquelle proliféra ce genre d'enceintes.
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