Panégyriste des princes samanides, Abū Mansūr Muḥammad ibn-Aḥmād Daqīqī est l'un des plus grands poètes du xe siècle.
Sur l'ordre du souverain samanide Abū Ṣalāh Mansūr ibn-Nūh, il commence la versification d'un poème épique appartenant à la tradition nationale, connu sous le nom de Goshtāsb-Namā. Ce poème, relatif au roi Goshtāsb et à la prédiction de Zoroastre, décrit le combat entre Goshtāsb et Arzāsb. Inachevé, il comprend mille distiques sur le mètre motaqāreb qui seront repris par le poète Firdūsī et insérés dans son Shāh-Nāmā (Livre des Rois).
Daqīqī fut assassiné par l'un de ses esclaves. Différentes hypothèses ont été émises concernant sa mort ; on a longtemps pensé pouvoir déceler, dans un fragment de poème lyrique, de la sympathie pour la doctrine zoroastrienne, ce qui lui aurait valu d'être persécuté. Sans doute cette affirmation est-elle trop fragilement étayée, et Clément Huart dira : « Il est probable que ce qu'il admirait surtout dans le zoroastrisme, c'était l'autorisation de boire du vin. » Il semble que cet assassinat soit plutôt le résultat de dissensions entre les serviteurs de sa propre maison.
De l'œuvre de Daqīqī subsistent également quelques qaṣidā, quelques ghazāl et aussi des vers isolés pleins d'élégance et de verve.
Michèle ÉPINETTE
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