Un des grands docteurs de l'ash‘arisme, né et mort près de Nīshāpūr. Toghrul Beg s'étant dressé contre cette école musulmane, dont il considère la doctrine comme une innovation (bid‘a), Djuwaynī se rend à Baghdād, puis au Ḥidjāz ; il y donne un enseignement dans les deux villes de La Mecque et de Médine, ce qui lui vaut le nom honorifique d'Imām al-Ḥaramayn (« Imām des deux sanctuaires »). Il revint à Nīshāpūr quand Niẓām al-Mulk favorisa les ash‘arites.
Son œuvre est celle d'un juriste et d'un théologien. Dans la Démonstration des principes du droit musulman, il tente d'appliquer aux recherches juridiques la méthode ash‘arite. Dans son Kitāb al-Irshād ilā kạawāti‘ al-adilla fi usūl al-i‘tiḳād, il réexamine tous les problèmes soulevés par les mu‘tazilites et les analyse en se fondant sur les résultats d'une étude préliminaire de ce que sont la science divine et humaine, la science nécessaire, la science intuitive et la science acquise, le doute, l'opinion, l'ignorance. Un tel examen constitue une sorte de critique philosophique de l'usage et de l'étendue de la raison. Avec Djuwaynī, l'ash‘arisme achève de se structurer logiquement. Avec son disciple Ghazālī, il va devenir un système vaste, solide et parfaitement cohérent.
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