Appartenant à une famille calviniste de Tours, Abraham Bosse vient s'établir à Paris très jeune et, sans ses démêlés avec l'Académie, nous ne saurions que très peu de choses sur la vie de cet artisan laborieux, père de dix enfants qu'il dut élever selon ses principes de protestant doctrinaire. À vingt-sept ans, Bosse se fait connaître par la suite de La Noblesse française de l'Église, d'après Saint-Igny (1629). À cette même époque, il devient l'ami et le collaborateur de Callot, pour qui il exécute les bordures des deux Sièges. Ensuite, il ne cesse de produire. L'œuvre de cet artiste robuste, compositeur fécond mais sans imagination, est abondant ; il a gravé environ mille cinq cents pièces lui-même et une trentaine furent exécutées d'après ses dessins par d'autres artistes.
Les mœurs, les costumes, les travaux et les plaisirs de son temps nous sont connus par ses gravures mieux que par aucun autre témoignage ; les décorateurs et les costumiers puisent autant que les historiens, les romanciers et les dramaturges dans cette mine de documents véridiques et complets. Ce didactique affirme sans cesse, ce qui ne laisse pas d'alourdir l'ouvrage ; il ne s'autorise jamais la moindre évasion, il se domine, comme il tient bien en main sa pointe et le sujet qu'il traite. La Mort de Lazare ou Les Vierges folles sont réalisés avec le même esprit positif que l'Imprimeur en taille-douce. Les scènes de l'Écriture sont empreintes du même réalisme que les autres ; les personnages et leurs décors sont ceux du xviie siècle, qu'il restitue avec une précision de détails scrupuleuse. Ce peintre de la société, de la bonne société, bourgeois huguenot, réaliste et moralisateur, était fait pour trouver audience dans un pays amoureux du juste milieu. Dans ses compositions, dont la vérité rappelle les maîtres hollandais, « il représentait ce qui se passe tous les jours dans la vie civile, et cela d'une façon naïve, si vraye que l'on ne peut guère rien désirer de plus intéressant » (Mariette).
Ce n'est pas seulement dans les représentations des cérémonies, de […]
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