Kabbaliste né à Saragosse, Abulafia voyage dès sa première jeunesse en Palestine, où la guerre des chrétiens contre les musulmans l'arrête à Acre et le force à revenir en Europe. Il se marie en Grèce, puis séjourne quelque temps en Italie, à Capoue, où il étudie sous la direction de Hillel ben Samuel de Vérone et de Baruch Togarmi, auteur d'un commentaire du Sefer Yesira. Il commence à enseigner lui-même à Barcelone à partir de 1271.
Il entreprend à travers l'Europe, en 1273, un second voyage au cours duquel il écrit ses premiers grands ouvrages : l'un de ses traités, Les Mystères de la Torah (Sitrey Tōrāh), est un commentaire kabbalistique de l'ouvrage du philosophe Moïse Maimonide, Le Guide des égarés, auquel Abulafia attribue des tendances mystiques. En 1280, il se rend à Rome pour obtenir du pape l'allégement des souffrances imposées aux Juifs. Le pape le fait condamner au bûcher, mais meurt avant l'exécution de la sentence.
Abulafia, libéré, se rend à Messine, où il écrit plusieurs ouvrages et annonce l'avènement du Messie pour 1290, ce qui éveille des oppositions et des méfiances. Parmi ses adversaires se trouve la plus grand […]
