3. Le cas des Warlpiri
Chasseurs-cueilleurs semi-nomades du désert Tanami (Territoire-du-Nord), les Warlpiri ont été sédentarisés de force dans les années 1950, obligés de vivre dans quatre réserves à la lisière du désert. Pour garder la mémoire des terres où ils n'avaient pas le droit de retourner, ils ont continué à raconter et célébrer par leurs récits les habitudes migratoires des animaux, les rythmes saisonniers de la flore, les points d'eau, le réseau géographique des lieux où ils voyageaient. Le Land Rights Act de 1976 leur a permis de préparer une revendication territoriale avec l'assistance de juristes et d'ethnologues. Après deux ans de procès, une partie de leur territoire leur a été restituée sous la forme d'un titre foncier déposé dans un trust. Les quelque 3 000 Warlpiri ont alors réinvesti leur territoire de survie traditionnelle – 600 kilomètres du nord au sud et 300 kilomètres d'est en ouest. Ce retour à la terre, commun à de nombreux Aborigènes, est appelé le mouvement des homelands ou outstations : habitats saisonniers constitués de baraques ou maisons de tôles, d'un puits à éolienne, avec parfois l'électricité solaire pour le pompage de l'eau, la lumière et un congélateur.
Lorsque les trusts miniers australiens et internationaux, ont entrepris des explorations dans le désert à la recherche de gisements d'or abandonnés depuis les années 1930, ils ont dû négocier avec les Warlpiri et leurs voisins. En effet, les Aborigènes dont les terres ont été restituées ont un droit de consultation sur l'utilisation du sol et du sous-sol : ils peuvent demander la protection de sites considérés comme sacrés et le versement de royalties aux gardiens rituels des terres correspondantes.
Chaque Aborigène est gardien de certains itinéraires mythiques associés à des lieux et des totems et célébrés par des rites où les mythes sont peints, chantés et dansés. C'est au nom de ces attaches sacrées que les sites doivent être protégés et que le corps de chaque individu doit être […]
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