Le peintre turc Abidine s'est éteint à Paris le 7 décembre 1993, à l'âge de quatre-vingts ans. Il a mené une carrière internationale, exposant ses œuvres depuis 1947 non seulement en Turquie et en France, mais aussi aux États-Unis, en Europe et en Russie. Son goût de la recherche créative, sa passion pour la vie et un travail soutenu l'ont amené à varier sans cesse ses techniques, de la plume à la sépia, du dessin à la peinture, de l'aquarelle au pochoir et même à la sculpture. Abidine revendiquait dans son art l'influence de la calligraphie orientale, comme en témoigne le tracé de sa signature. Il a illustré les œuvres de Nazim Hikmet, de Yachar Kemal, de Guillevic, d'Adonis. Il dessinait ou peignait des figures oniriques à la limite de l'abstraction, où peuvent se lire l'ambiguïté du réel et la quête métaphysique d'un autre lieu : mains aux doigts enlacés, îles suspendues, nus en forme de fleurs ou de mondes tournants, fenêtres cosmiques, foules indistinctes, ou encore spectre de la mort nucléaire.
Abidine réunissait en lui tout un faisceau de contrastes dont il jouait et s'amusait. Né à Istanbul dans une famille ottomane de grande aristocratie, il a commencé sa vie dans […]
