Chef religieux et président de l'Indonésie de 1999 à 2001. Surnommé Gus Dur par la population, Abdurrahman Wahid est un intellectuel musulman libéral et modéré dont les grands-parents ont fondé la plus grande organisation musulmane traditionaliste, le Nahdatul Ulama (N.U., Renouveau des oulémas). Il étudie le Coran dans un pensionnat religieux puis à Jakarta lorsque son père entre au cabinet du ministre de la Religion. Il entreprend, en 1963, des études des textes sacrés à l'université Al-Azhar au Caire, et revient en Indonésie au début des années 1970, sans diplôme mais initié au marxisme et célèbre pour ses écrits religieux. Il est nommé secrétaire général du N.U. en 1984 et préside un groupe de discussion politique, Forum Demokrasi, qui rassemble des dissidents et militants des droits de l'homme. Partisan du dialogue entre les religions, il est critiqué pour ses sympathies pro-israéliennes et pour avoir défendu Salman Rushdie. Les partisans de Suharto au sein du N.U. tentent, en vain, de le destituer de son poste. À la suite de la démission forcée de Suharto en mai 1998 et de l'intérim assuré par son dauphin Bacharrudin Jusuf Habibie jusqu'en octobre 1999, il est élu président par l'Assemblée consultative du peuple issue d'élections libres, face à Megawati Sukarnoputri, la fille de Sukarno, père de l'indépendance
. Toutefois, sans majorité de gouvernement, soupçonné de corruption et confronté à une grave crise économique et à des violences séparatistes et intercommunautaires, notamment à Atjeh ou dans les îles Moluques, le président Wahid est destitué par le Parlement dès juillet 2001. En dépit d'une mauvaise santé, presque aveugle, il reste actif à la tête du Nahdatul Ulama. Figure historique de l'opposition à Suharto, il a, malgré son court mandat, réussit à mettre en œuvre des réformes politiques visant à réduire le rôle de l'armée et à renforcer la démocratie.
Photographie
Abdurrahman Wahid et Suharto, 2000 Ouléma tolérant et érudit, Abdurrahman Wahid (à gauche) est élu président de la République indonésienne en 1999 après la démission forcée du dictateur Suharto, au pouvoir depuis 1967, qu'il n'a eu de cesse de critiquer. Ici, en mars 2000, les deux hommes se rencontrent à Jakarta.
Crédits: AFP/ Getty Consulter
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