3. À l'épreuve du pouvoir
Dans l'exercice du pouvoir à partir de 1999, Abdelaziz Bouteflika s'attache surtout à apparaître comme l'homme de la paix, celui qui a sorti l'Algérie de la terrible guerre civile des années 1990. À deux reprises, en 1999 puis en 2005, il propose des référendums pour la « concorde civile » et la « réconciliation nationale », organisant l'amnistie pour les islamistes qui ont pris le maquis, et les membres des forces armées qui ont participé à cette « sale guerre ». À chaque fois, cette proposition est vivement combattue par les familles qui ont souffert du terrorisme islamiste et des exactions commises par les services de sécurité algériens. Des forces de l'opposition contestent également l'opacité de cette démarche, qui n'est pas mise véritablement en discussion dans la société civile. Cependant, les propositions de réconciliation sont approuvées par un pourcentage très élevé d'électeurs (plus de 95 p. 100 les deux fois).
Abdelaziz Bouteflika, qui s'appuie sur son expérience d'ancien ministre des Affaires étrangères de Houari Boumediene, multiplie les voyages et déplacements à l'étranger, de Madrid à Washington et de Paris à Berlin. Mais il n'arrive pas à faire avancer le dossier brûlant du Sahara occidental, qui reste un point de discorde avec le Maroc.
À de nombreuses reprises, il prononce des discours, longs et virulents, contre « la bureaucratie et la corruption » qui règnent en Algérie, mais sans prendre de mesures efficaces pour combattre les maux qu'il dénonce ; ou contre « le colonialisme français ». À la fin de l'année 2005, il disparaît brutalement des écrans de la télévision algérienne où on le voyait très souvent. Les bruits les plus alarmants courent sur sa santé, mais il réapparaît publiquement en janvier 2006 pour proposer une modification de la Constitution qui donnerait au président algérien encore plus de pouvoirs. Il fait modifier la Constitution en 2008 afin de briguer un troisième mandat. Réélu en 2009 avec 90,2 p. 100 des voix, lors d’un scrutin jugé frauduleux, le président Bouteflika doit faire face au mécontentement grandissant qui agite la société algérienne. La propagation de la « révolution du jasmin » qui, au début de 2011, a renversé le régime tunisien, met en péril son contrôle du pouvoir.
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