Abbaye fondée au début du xie siècle pour des religieuses bénédictines par le comte Rodolphe d'Altenbourg sur son domaine alsacien. De ce monastère il ne reste que l'église Sainte-Marie, consacrée en 1049 par le pape Léon IX. Bâtie sur un plan octogonal, elle reprend, dans les grandes lignes, le parti de la chapelle palatine de Charlemagne à Aix-la-Chapelle : un octogone central, surmonté d'une coupole, entouré d'un déambulatoire voûté d'arêtes au rez-de-chaussée et de tribunes couvertes en berceau rampant au premier étage. Les baies subdivisées de ces dernières reprennent également le modèle carolingien, mais l'imitation de l'antique fait place à un répertoire ornemental ottonien (chapiteaux cubiques par exemple). Les proportions plus écrasées qu'à Aix, les gros doubleaux qui marquent la séparation des travées appartiennent également à l'art du moment. En outre, le parti est simplifié : l'idée des seize côtés extérieurs correspondant à l'octogone central est abandonnée, et l'extérieur répète la disposition intérieure à huit côtés. L'entrée se fait par une tour-porche carrée, comme à Aix. En face, s'ouvre le chœur, également carré, et surmonté d'une chapelle haute consacrée à saint Pierre. Elle fut décorée de peintures murales en 1460. En 1582, une chapelle fut ajoutée au nord.
Éliane VERGNOLLE
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