Les œuvres de A. R. Penck — peintre, écrivain, musicien — s'efforcent de restituer à l'art sa fonction active, catalysante. Avant leur réunification, il a témoigné de la déchirure entre les deux Allemagnes, du conflit entre deux idéologies (Est/Ouest). « Facteurs de déconditionnement », selon Jacques Beauffet, conservateur au musée de Saint-Étienne, « elles visent à la création de situations inédites, porteuses de liberté, susceptibles d'agir sur le vécu quotidien ».
Né à Dresde (son nom est alors Ralf Winkler), l'artiste a été formé et a vécu en R.D.A. jusqu'en 1980, date de son extradition à l'Ouest. Il a donc dû affronter les conditions qui règlent l'exercice de la peinture dans les pays de l'Est. Rejetant l'imagerie optimiste du réalisme socialiste, rayé de la liste officielle des artistes et interdit d'exposition (depuis les années 1960), il a cependant réussi à se manifester en Allemagne de l'Ouest, sous le pseudonyme de A. R. Penck (entre autres noms d'emprunt). Ses peintures et gravures, qui réduisent la figure humaine à une silhouette schématique, développent un réseau de signes variés, graphiques ou mathématiques, qui témoignent l'intérêt de l'artiste pour la cyb […]
