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Écrit par : Paul RICŒUR
Le mot « aliénation » est, aujourd'hui, en langue française, un mot malade. Il souffre de cette affection que certains lexicologues appellent « surcharge sémantique » : à force de signifier trop, il risque de ne plus rien signifier du tout. La question qui se pose à propos de ce malade est de savoir s'il faut le tuer ou le guérir. Dans l'usage act ... Lire la suiteÉcrit par : François BOURRICAUD
La notion d'autonomie ne peut être adéquatement saisie que si ses différents sens sont précisés à la fois dans leurs contextes historiques, dans leurs valeurs synonymiques et antithétiques, enfin dans les domaines et les activités auxquels ils s'appliquent. Au sens littéral, autonomie signifie le droit pour un État ou pour une personne de ... Lire la suiteÉcrit par : Frédéric GROS
C'est à Michel Foucault qu'on doit l'invention du concept de « biopolitique ». Ce terme, apparu en 1974 dans une conférence prononcée au Brésil sur « la médecine sociale », est largement repris et défini en 1976, simultanément dans l'œuvre publiée (La Volonté de savoir) et le cours public au Collège de France (leçon du 17 mars, « Il faut ... Lire la suiteÉcrit par : Monique DAVID-MÉNARD
Ce qui reste d'Auschwitz (trad. P. Alféri, Rivages, Paris, 1999) fait suite à deux analyses des formes contemporaines du pouvoir : Des moyens sans fins, notes sur la politique (1995) et Homo sacer, le pouvoir souverain et la vie nue (1997). Il s'agissait, dans les essais précédents, de réfléchir sur l'impensé des théorie ... Lire la suiteÉcrit par : François BURDEAU
Philosophes, historiens, orateurs de la Grèce classique ont défini, analysé, discuté ce type d'organisation originale qu'est la cité, favorable à l'éclosion d'une réflexion politique qui fut plus idéaliste que positive et toujours dominée par des préoccupations morales. C'est à leurs yeux un don des dieux, la société politique par excellence. La G ... Lire la suiteÉcrit par : François HARTOG
La cité-État désigne une forme politique spécifique qui a eu cours, d'abord dans l'Antiquité classique, puis en Italie et en Europe du Nord à la fin du Moyen Âge. D'une période à l'autre, les différences l'emportent sur les ressemblances. La cité antique était inséparable de son arrière-pays campagnard et comptait les paysans propriétaires au nomb ... Lire la suiteÉcrit par : Bernard GUILLEMAIN
Le terme de civisme est un terme récent. On l'a lu chez Montesquieu, où il ne figure pas : « Cet amour [des lois], demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières... » (De l'esprit des lois, IV, 5, éd. cit., p. 542). Le texte indiquant un effet souhaitable de l'éducat ... Lire la suiteÉcrit par : Alain BROSSAT
Autant la réception de Hannah Arendt en France a été tardive, hésitante, voire rétive, autant la reconnaissance de sa stature de penseur du politique et de philosophe va bon train. La publication, en 1995 et 1996 respectivement, de sa correspondance avec deux de ses amis les plus proches – le philosophe Karl Jaspers et l'écrivain Mary McCarthy – t ... Lire la suiteÉcrit par : Francis WYBRANDS
C'est en 1939 que Leo Strauss (1899-1973) publie sa première étude sur Xénophon ; en 1948 (traduite en français par Hélène Kern et publiée en 1954) paraît son étude sur le Hiéron du même auteur sous le titre De la tyrannie augmentée d'un essai d'Alexandre Kojève (Tyrannie et sagesse) et agrémentée d'une « mise au point » ... Lire la suiteÉcrit par : Claude RIVIÈRE
En latin, dominare, c'est exercer la souveraineté, celle du maître, du dominus. Le droit romain connaît le dominium, propriété des choses, et la potestas dominica, pouvoir du maître sur l'esclave. Celui qui domine exerce une contrainte sur la conduite d'autres personnes. La domination résulte du recours à la pui ... Lire la suiteÉcrit par : Joseph GABEL
Le problème de la définition des concepts occupe une place importante en science politique ou politologie. F. Bertier constate que « dans les sciences, on s'attache de plus en plus à la précision, et qu'on en arrive même à remplacer, en logique formelle, les mots, trop vagues, par des symboles mieux définis ; dans le langage politique, au contrair ... Lire la suiteÉcrit par : Louis GARDET, Olivier ROY
L'islam, on l'a dit souvent, est tout ensemble religion et communauté. Tel il s'éprouve et se veut lui-même. Communauté de foi et de témoignage de foi, à coup sûr, centrée sur ces « piliers de l'islam » que sont les actes cultuels impérés au croyant, mais en même temps communauté de vie, et code de vie. Les prières prescrites, l'aumône légale, le ... Lire la suiteÉcrit par : Victor Manuel MONCAYO
Au-delà de la signification commune, la multitude est un concept de la philosophie, et en particulier de la philosophie politique. Ainsi parmi les catégories aristotéliciennes est-elle considérée comme une entité sans rapport avec la cause formelle, la cause efficiente ou la cause finale qui permettent la compréhension de ce qui est. Le débat sur ... Lire la suiteÉcrit par : Émile SICARD
Chercher à discerner, sur la base de l'observation des nations « en train de se faire » (selon l'expression des sociologues latino-américains), les caractéristiques, les éléments constituants – éventuellement les moments – de ces « constructions nationales », s'efforcer simultanément de remonter dans le temps, de vague en vague, jusqu'aux première ... Lire la suiteÉcrit par : Georges BURDEAU, Pierre-Clément TIMBAL
L'Académie française, en 1694, définit la nation comme l'ensemble des habitants d'un même État, d'un même pays, vivant sous les mêmes lois et utilisant le même langage. Au xixe siècle, on ne se contente plus d'une définition et on cherche à expliquer la formation des nations. En Angleterre, Disraeli écrit que les nations ont ét ... Lire la suiteÉcrit par : Jean GRANIER
Vers les années 1887-1888, alors que le développement de la société industrielle se poursuivait à un rythme accéléré sous l'impulsion d'une raison scientifique qui semblait garantir le progrès indéfini de la moralité et de la culture, le philosophe Nietzsche lançait ce cri d'alarme : « Ce que je raconte, c'est l'histoire des deux prochains siècles ... Lire la suiteÉcrit par : Georges BURDEAU
Dès lors qu'on la tient pour autre chose qu'un rassemblement accidentel d'individus, toute société suppose un ordre puisqu'il n'y a pas de société sans règles. Cet ordre se révéle au premier regard par un agencement de tabous ou de prescriptions auxquels, contraints ou spontanément, se soumettent les membres du groupe ; une hiérarchie détermine al ... Lire la suiteÉcrit par : Pierre BOUDOT
À l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui. Il sanctionnait un vote des Athéniens contre un citoyen suspect, qui était alors banni pour dix ans. Ce jugement devait atteindre les citoyens trop avides de popularité ou à qui leurs actes avaient valu une popularité jugée excessive. Il s'agissait don ... Lire la suiteÉcrit par : Yves SUREL
Le peuple est sans doute l'une des notions politiques, avec celles de nation ou d'État, qui dispose de l'une des plus fortes charges symboliques. Cette importance relative, sensible dans la littérature, la philosophie ou le langage commun, se décline d'abord positivement, spécialement dans les démocraties, mais aussi négativement, lorsque le peupl ... Lire la suiteÉcrit par : Éric WEIL
La philosophie politique se définit, depuis ses débuts en Grèce, comme la tentative de saisir par la pensée la nature (la structure fondamentale) de l'État. Elle n'est pas une science positive des phénomènes politiques, des facteurs observables, des faits statistiques, etc., données dont elle profitera pour pouvoir vérifier ses propres affirmation ... Lire la suiteÉcrit par : Catherine COLLIOT-THÉLÈNE
Catégorie centrale de la pensée politique moderne, la notion de pouvoir hérite d'une histoire complexe où la tradition de la philosophie antique (des sophistes à Aristote) se croise avec des représentations issues du christianisme. Les conflits d'attribution entre autorités temporelles (l'empereur et les princes) et spirituelles (le pape et l'Égli ... Lire la suiteÉcrit par : François CHÂTELET
Il est bien clair que le problème théorique de la révolte – disons, plus simplement, celui de sa définition – ne peut être posé que différentiellement. Il s'agit ici de faire apparaître, systématiquement, les déplacements significatifs qui peuvent permettre de désigner, avec une certitude satisfaisante, certains types d'événements historiques : ce ... Lire la suiteÉcrit par : Rémi HEISS
Revue qui a marqué profondément les années 1960, l'Internationale situationniste a eu douze numéros entre 1958 et 1969 (repris en volume, Champ libre, 1975) et a influé, par ses critiques idéologiques, sociales et politiques, sur le mouvement de mai 1968. Le principal animateur du groupe situationniste fut Guy Debord (1931-1994), qui déco ... Lire la suiteÉcrit par : Daniel MOUCHARD
Pour qui veut tenter une approche synthétique de la notion de « société civile », deux difficultés préalables et conjointes doivent être surmontées. En premier lieu, cette notion est d'un usage et d'un contenu particulièrement fluctuants : quoi de commun, en effet, entre la conceptualisation hautement technique qui en fut donnée par Hegel et ses u ... Lire la suiteÉcrit par : Solange MARIN
Dans l'histoire politique de l'Europe occidentale, le temps des sujets coïncide à peu près avec celui de la monarchie absolue ; il marque une double étape : dans les rapports du peuple avec le souverain d'une part, dans la lutte pour le pouvoir entre le souverain et l'aristocratie d'autre part, et représente une conception horizontale de la sociét ... Lire la suiteÉcrit par : Bernard GUILLEMAIN
Si l'on groupe sous le nom de tolérance un ensemble complexe de conduites qui comportent simultanément une appréciation négative d'une situation ou d'une démarche et la suspension de la répression de ce qui est jugé mal, on s'en forme une notion suffisante pour la vie de tous les jours. Dans les sociétés pluralistes du xxe ... Lire la suiteÉcrit par : Jean-François JUILLIARD
Désignant le meurtre d'un tyran accompli en dehors de toute procédure régulière par une personne privée, le terme « tyrannicide » s'applique aussi parfois au meurtrier du tyran. Dans l'Antiquité grecque, le tyrannicide apparaît comme l'aboutissement ultime de la forme politique que constitue la cité, cette dernière étant caractérisée par la partic ... Lire la suiteÉcrit par : Henri DESROCHE, Joseph GABEL, Antoine PICON
Le terme d'utopie, inconnu du grec, a été forgé par Thomas More pour figurer dans le titre donné par lui à ce qui, de son propre aveu, ne devait être qu'une « bagatelle littéraire échappée presque à son insu de sa plume », c'est-à-dire ce petit libelle sur la « meilleure des Républiques » sise en la nouvelle île d'Utopie. Le texte, publié à Louvai ... Lire la suite
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